Nous aimons profondément, sincèrement, parfois éperdument. Et pourtant, quelque chose dans cet amour nous fait parfois souffrir au point de croire que l’amour lui-même est une source de souffrance…
Pourtant, l’amour n’est pour rien, mais il est rattaché et confondu à tort à l’attachement, qui lui, transforme un lien en dépendance, une relation en besoin, une présence en condition de notre propre bonheur.
Ce que je vous propose d’explorer ici, c’est précisément cette différence, parce qu’elle change tout.
Bonne lecture,
Maxime Gréau
Pour recevoir l’HappyNews, cliquez ici (vous recevrez gratuitement mon livre au format PDF par la même occasion)
Retrouvez tous les épisodes de ce podcast ICI
Nous grandissons avec l’idée que plus nous aimons quelqu’un, plus nous souffrons à l’idée de le perdre, un peu comme si cette souffrance devenait la preuve de l’amour que nous portions pour l’autre, ou un peu comme si la douleur de la perte, était le prix à payer, presque légitime, de ce que nous ressentons pour l’autre.
Mais cette équation-là mérite d’être regardée de plus près, car elle est le fruit de la confusion qui existe entre l’amour et l’attachement.
Il n’exige rien, il ne conditionne rien, il ne s’effondre pas non plus si la forme change ou si la présence physique disparaît.
Il s’accroche à une forme précise qu’il cherche à maintenir, à une présence particulière et défini qu’il ne souhaite pas voir évoluer, ou à une manière d’être aimé qui devient peu à peu indispensable.
C’est un peu la différence qui existe entre “le t’aime” et “j’aime la sensation que tu me procures”.
Autrement dit, je t’aime “si”, tu continues de me procurer ce genre de sensation, et c’est à ces sensations que je suis attaché !
L’attachement, c’est donc aimer sous condition, aimer la forme plutôt que l’essence, aimer ce que l’autre nous donne plutôt que ce qu’il est.
Et c’est précisément cette nuance qui explique pourquoi nous souffrons si intensément de certaines pertes, non pas parce que l’amour lui-même fait mal, mais parce que notre bien être dépendait de ce que l’autre nous procurait !
Nous sommes donc attachés à la présence de l’autre, à sa voix, à ses habitudes, à sa manière d’être là, c’est vrai, mais plus profondément encore, si l’autre n’était plus, ce qui nous manquerait vraiment, ce sont les émotions qu’il nous permettait de ressentir :
Ce sont ces états intérieurs-là que nous cherchons, et l’être aimé n’est, dans ce mécanisme, qu’un moyen d’y accéder !
Pourtant, si je vous demandait de fermer les yeux, de maintenant et de me décrire ce que vous ressentez en présence de l’autre, vous seriez capable d’énumérer ces émotions, et même de les ressentir instantanément.
De la sorte, vous feriez l’expérience de l’autonomie affective immédiatement, car, avec ou sans l’autre, vous seriez capable de vous donner ce qui est essentiel à votre équilibre, et donc moins dépendant et donc moins attaché au bon vouloir de l’autre
De plus, vous réaliserez que ces ESSENCES sont présentes et disponibles tout le temps et à tout moment, ce qui fait de vous une personne stable, comblée et complète à tout moment.
L’autre reste précieux, bien sûr, mais être en lien et en amour pour quelqu’un n’empêche simplement pas d’être libre et autonome en même temps.
Ce que nous cherchons à l’extérieur existe donc déjà à l’intérieur. Ce constat n’est pas une invitation à aimer moins, mais une invitation à comprendre où réside vraiment ce que nous cherchons, afin de cesser de le chercher au mauvais endroit
Ce que nous croyions avoir perdu pour toujours s’est simplement transformé, ou retrouvé ailleurs, sous une autre forme et en particulier en nous.
Voici quelque séance de méditation qui vous aideront à accueillir, puis à installer vos Essences pour tendre vers l’autonomie :
Dans l’enseignement bouddhiste, l’attachement figure parmi ce que l’on appelle les trois poisons, (colère, attachement et ignorance), des mécanismes fondamentaux qui entretiennent la souffrance humaine. Et si cette tradition en parle depuis des millénaires, c’est parce que le mécanisme est universel, aussi répandu que discret.
Résumons :
Et c’est à ce moment-là que nous souffrons, non pas à cause de la perte elle-même, mais à cause de la croyance (ou de l’illusion), que ce qui est parti, emporte avec lui, tout ce que nous ressentions.
Vient alors le vrai problème : le drame psychologique.
Le mental s’empare de la perte, et s’en sert pour raconter une histoire dramatique. Il amplifie, il anticipe, il catastrophise, et pour faire simple, il nous dit qu’à partir de ce jour, plus rien ne sera comme avant (autrement dit, ce sera bien pire), et il y a peu de chance que nous nous en remettions…
Cela pourrait arriver bien sûr, certaines personnes sans aides, sans soutien ni accompagnement s’engouffrent dans ce discours négatif, avec l’habitude, ne parviennent plus à discerner le réel de ce brouhaha mental destructeur.
Mais la plupart du temps, la vérité est tout autre. La personne fait son deuil, tout simplement, et finit par se renouveler, et repartir dans un schéma de restructuration ou de repositionnement très positif et constructif.
Dans quelque temps, elles se retournera sur cet épisode de vie avec une certaine sagesse et peut être même cette sensation d’avoir eu de la chance de passer par là au vu de ce qu’elle en est devenue
Pour finir, ce n’est donc pas la perte qui était insupportable, mais le discours que notre mental souillé a construit autour d’elle.
Attachement, lien, amour, pleur, perte, tous ces mots appartiennent au registre des émotions.
Nous nous attachons pour RESSENTIR nos Essences ou par peur de les perdre…
C’est pourquoi, lorsque quelque chose de terrifiant nous hante fait peur, comme la mort par exemple, le plus simple dans notre monde occidental consiste simplement à ne pas y penser…
Bien sûr, tôt ou tard, l’événement ou la situation tant redoutée arrive malgré tout, et sans préparation préalable, nous serons sous le choc (comme si nous n’avions pas été prévenu) et nous en souffrirons en criant à l’injustice…
Vous vous souvenez de l’épouvantail ? Plus nous évitons ce qui nous fait peur, et plus la peur revient intensément, un peu comme une cocotte minute qui déborde…
Concrètement, cela consiste à s’asseoir avec l’idée de la perte, à l’imaginer réellement, à observer ce qu’elle génère dans notre corps, non pas pour se faire souffrir inutilement, mais pour découvrir que cette souffrance-là est traversable.
Mais aussi qu’elle est faite de sensations localisées qui, si on les laisse simplement exister sans y ajouter de discours négatifs, se déplacent, évoluent, et finissent par se dissoudre d’elles-mêmes.
C’est le principe de la régulation émotionnelle. Autrement dit : de l’accueil émotionnel, dans lequel nous ne cherchons pas à supprimer la douleur, mais bel et bien à lui laisser le droit de passer. Et en lui donnant ce droit, nous cessons de lui donner du pouvoir et nos nous rendons libre.
Ce travail ne se fait pas seul car il demande un cadre et une aide ....
Il reste une dernière question, peut-être la plus profonde : l’amour disparaît- il en même temps que la perte de l’être aimé ?
Et la réponse est non, car si nous pensons à un être disparu, qu’il s’agisse d’une personne, d’un animal, d’une relation terminée, nous somme tout à fait en mesure de ressentir cet affection profonde que nous lui portons.
La forme n’est plus présente, c’est vrai, mais il reste le fond, qui lui, est immortel. Ce n’est plus pareil pour autant me direz vous car il ne nous est plus possible de le/la toucher et de partager des moments de vie concret dans la matière.
C’est vrai, mais concrètement pourtant, il nous est toujours possible de l’aimer et de ressentir l’amour pour lui/elle.
La perte intellectuelle est une chose, la perte émotionnelle en est une autre
Une tristesse peut exister, un vide peut se faire sentir, et c’est juste, c’est humain, c’est même beau. Mais si nous n’ajoutons pas de discours intellectuel sur ce vide, si nous le laissons simplement être sans en faire un drame, il reste ce qu’il est : une information, un mouvement intérieur, une émotion qui passe.
Pas de discours, pas de drama. Pas de drama, pas de souffrance prolongée. Juste la vie qui se transforme, l’amour qui change de forme, et nous qui apprenons, peu à peu, à rester libres à l’intérieur de tout ça.
Peut-être que la peur de perdre fait simplement partie du chemin qui nous amène à découvrir puis à intégrer, que ce que nous cherchons à l’extérieur existe aussi à l’intérieur.
Lorsque ces peurs disparaissent, l’attachement se dissout, laissant ainsi plus de place à un amour plus libre et moins contrôlant.
La sécurité que nous cherchons si ardemment à l’extérieur se retrouve alors en nous, disponible, régénérable, indépendant de toute forme extérieure.
A partir de là, quelque chose change profondément dans notre manière d’aimer, plus librement, plus pleinement, sans contrôle ni calcul, en laissant les êtres être ce qu’ils sont sans avoir besoin qu’ils soient autrement.
C’est cela aimer sans souffrir. Non pas l’absence d’amour, mais l’amour enfin libre.
Pour ajouter un commentaire, vous devez être membre de ‘épanews’.
Rejoindre épanews (c'est gratuit)