Tout commence par une transition RADICALE
Dans la vie quotidienne, nous passons souvent d’une chose à une autre sans véritable transition. Nous faisons, nous pensons, nous réagissons, puis nous enchaînons la suite.
Ce mouvement perpétuel, lorsqu’il n’est pas conscientisé, maintient notre attention dans un entre-deux permanent : un pied dans ce qui vient de se produire (le passé), un autre dans ce qui pourrait arriver (le futur).
Or tant que nous restons psychologiquement et émotionnellement liés à ce passé ou à ce futur, nous ne sommes pas réellement dans la (VRAIE) vie, mais davantage dans une sorte de narration de vie, créée par le mental.
Entrer dans le Moment Présent commence donc par un acte intérieur fort, souvent inconfortable : celui de décider de couper le lien avec tout type de rumination, qu’elles soient passées ou futures..
- Couper avec le passé, non pas en le rejetant, mais en reconnaissant qu’il est terminé.
- Couper avec le futur, non pas en cessant les projets, mais en reconnaissant qu’ils n’existent pas encore, et surtout, qu’ils ne se créent pas dans nos têtes, mais bel et bien depuis le présent
Ce point est très important, car vos choix et vos décisions depuis un mental stressé et anxieux de ce qui pourrait se passer plus tard ne sont pas du tout les mêmes que depuis le présent, porteur d’un calme et d’une sérénité profonde.
Vous comprenez ?
Évidemment, le mental n’est absolument pas d’accord avec cette direction, car il est convaincu que sa présence est essentielle au bon déroulement de notre vie. Il se croit le pilote de l’avion, alors qu’il n’est qu’un outil !
Le pire encore, il adore se nourrir de la négativité / nostalgie / inquiétude qu’il pourrait puiser dans le passé ou le futur pour en faire des films et des scénarios catastrophiques (dans la plupart du temps). ECKHART TOLLE appelle cela le corps de souffrance. (N°8)
Le pire du pire, c’est que nous nous habituons à ces scénarios pour en faire notre histoire personnelle..
Par exemple, s’il m’arrive quelque chose de fâcheux dans ma vie, mon mental à vite fait de récupérer cette blessure pour faire de moi une personne traumatisée par un événement. Je me raconterai alors l’histoire qu’il m’est arrivé quelque chose de dur dans ma vie et c’est pour cela que, maintenant, je suis cette personne. blablabla…
Revenir dans l’instant demande donc une décision conscient, qui revient à laisser tout ce brouhaha de côté pour vivre une expérience de présence.
Quand le bruit s’arrête, quelque chose apparaît !
Je sais que pour les plus sceptiques d’entre vous, et/ou les débutants qui n’ont encore jamais vraiment médité, la dimension de l’être et de l’âme reste quelque chose de farfelu.. Et c’est normal.
Pourtant, lorsque le lien avec le passé et le futur se relâche, une expérience nouvelle devient possible. Non pas quelque chose que nous créons, mais quelque chose qui se révèle, quelque chose qui était déjà la, (le petite voie intérieure comme le dirait certains), une dimension plus vaste de nous-mêmes que l’on nomme, en méditation : l’OBSERVATEUR
Cette dimension n’est pas spectaculaire. Elle est simple, silencieuse, stable, et surtout, elle se reconnaît à une chose très précise : sa capacité à voir plus grand, plus large et plus loins…
- Elle peut observer les pensées sans s’y perdre par exemple,
- Elle peut observer les émotions sans les fuir ni s’y noyer,
- Elle peut observer le corps, ses tensions, ses élans, ses fatigues,
- Et surtout, quand nous y sommes connectés, elle nous apaise et nous porte avec confiance et stabilité !
Contrairement au mental qui ne voit que depuis sa petite fenêtre limitée par ce qu’il connaît ou croit connaître, l’Être, lui, (autrement dit, le VRAI vous), englobe et inclut tout ce qui constitue la vie. Il contient, il accueille et reste ouvert à la vie.
Le mental sépare les choses, les compare, se compare… Il est la cause de la dualité et des conflits intérieurs et extérieurs.
La solution : Rester sur le quai, sans montez pas dans le train
Prenons une image, pour visualiser ce qu’est la pleine conscience et l’attitude que nous pouvons adopter dans notre vie quotidienne. L’image du train
Les wagons sont les pensées, les sons, les bruits autour de nous, les émotions qui nous traversent et tout ce que nos sens peuvent capter… C’est un milliard d’informations simultanées…
Ces informations circuleront toute notre vie, et c’est tant mieux, car elles sont la preuve que nous sommes vivants !
“L’observateur” lui, (lorsque nous sommes dans le moment présent), constate ces wagons qui passent ET, décline toute invitation à embarquer dans l’un d’entre eux ?
Qu’est ce que cela veut dire ?
- Je vois que je suis en colère sans pour autant ME mettre en colère
- Je vois que je suis triste sans pour autant me prendre pour un dépressif,
- Je vois que j’ai des pensées sans pour autant me mettre à réfléchir ni me mettre à croire ces mêmes pensées.
Vous voyez ?
C’est observer / constater sans adhérer systématiquement. C’est observer les wagons les uns à la suite des autres, un peu comme des nuages dans le ciel, mais sans dire : celui-ci est plus beau que celui-là…
De plus, l’observateur conscient à une certaine posture, un certain recul qui lui permet d’observer l’agitation autour de lui, (les bruits, les gens, les événements), tout en percevant le calme, le silence et la stabilité intérieure
Enfin, observez cette vieille habitude que nous avons tous à vouloir réfléchir et mettre des mots sur tout. Ne faites rien de ce vieux conditionnement, le simple fait de ne plus l’alimenter suffira pour le remplacer.
Pourquoi méditer plus longtemps change tout ?
Sur le Sentier de samatha, l’étape 2 s’appelle : “méditer plus long..., et ce n’est pas un hasard, car bien loin d’un défi ou d’une performance, il s’agit d’une nécessité structurelle.
En fait, il existe un peu comme un seuil, propre à chacun, en dessous duquel, le mental reste dominant. Son agitation et ses commentaires nous proposent en permanence de nouveaux trains, de nouveaux nuages, et la pleine conscience peine à s’installer.
C’est pourquoi les méditations courtes de 5 à 10 minutes, qui “font du bien” sur le coup, et que l’on trouve partout, ne sont pas spécialement adaptées pour nous emmener au-delà du bien être, vers le moment présent au quotidien. Elles ont une autre fonction, celle de nous détendre, et c’est déjà pas si mal, ou du moins, un bon début.
En revanche, lorsque la durée s’allonge, quelque chose bascule. Le mental, n’étant plus nourri par nos réactions / émotions, commence à s’épuiser de lui-même. Il se fait alors de plus en plus discret et de nouveaux Espaces de “silence” apparaissent. ♥️
- C’est dans ces Espaces de pleine conscience que l’Être reprend naturellement sa place.
Ces états ne peuvent être forcés, ils émergent simplement lorsque les conditions (dont le temps) sont réunies. C’est pourquoi une pratique régulière et suffisamment longue transforme profondément la relation que nous entretenons avec notre monde intérieur, notre vie et les autres.
Conclusion
Vivre dans le moment présent commence par un simple choix. Un retour à la vie telle qu’elle est, dépouillée des couches de narration qui la recouvrent.
Tant que nous restons psychologiquement et émotionnellement accrochés à ce qui n’est plus (ou plus) ou à ce qui n’est pas encore, nous passons à côté de l’essentiel, de nos vies, de nous.
Revenir dans l’instant, c’est accepter de vivre sans projection, sans histoire à défendre.
C’est peut-être inconfortable pour le mental mais profondément apaisant pour l’être et cela commence toujours de la même manière : par cette décision simple, répété, de revenir. Ici, et maintenant.
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