2. Le triangle de la pleine conscience
Pour comprendre ce qu’est la méditation, nous nous appuyons sur un modèle simple et puissant que j’ai reçu dans un temple Bouddhiste par Pierre Bourges : un triangle à trois étages. Chaque niveau représente une facette de notre esprit et de notre relation à la réalité.
Premier étage
À la base du triangle se trouve le fonctionnement binaire du mental conceptuel. Ici, tout repose sur les connexions neuronales : un neurone s’active ou non.
Ce mécanisme produit naturellement la dualité :
- moi / pas moi,
- bien / mal,
- j’ai / je n’ai pas.
Ces opposés structurent notre pensée ordinaire. C’est utile pour réfléchir, analyser, organiser… mais si nous restons enfermés dans ce niveau, nous vivons constamment en réaction, en comparaison, en jugement.
C’est là que naît l’identité, et avec elle la souffrance.
Plus nous pensons d’une certaine manière, plus nous renforçons cette manière de penser. Ces connexions neuronales deviennent des habitudes, et ces habitudes deviennent des croyances.
Deuxième étage
Au centre du triangle se trouvent les fonctions automatiques du corps : respiration, battements du cœur, digestion, équilibre…
Nous n’avons pas besoin d’y penser pour qu’elles opèrent, et l’objectif de la méditation, c’est de faire passer ici un nouvel automatisme : le retour spontané à l’instant présent.
Chaque fois que notre mental se disperse, nous revenons. Et nous revenons non pas par effort, mais par reflex, parce que c’est devenu naturel, intégré.
C’est le début d’une bascule intérieure.
Troisième étage
Au sommet du triangle, nous accédons à un état radicalement différent :
- celui de la pleine conscience.
Ici, il n’y a plus de jugement, plus de commentaire, plus d’étiquette. Nous ne sommes plus dans l’interprétation de ce que nous vivons, nous sommes simplement présents, dans un état non conceptuel, c’est-à-dire sans réflexion intellectuelle.
Nous observons les opposés, sans les juger. Le relatif est toujours là, mais il est englobé par un espace plus vaste, l’absolu.
C’est cela la pleine conscience : un regard vaste, paisible, inclusif. C’est aussi la définition même de l’amour inconditionnel.
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