CORPS ET ÂME!
Nous sommes corps et âme! Pas l'un ou l'autre. Les deux, ensemble.
Unis pour la vie, jusqu'à la mort.
A certaines heures, l'âme l'emporte. Elle est tellement plus riche, plus subtile que le corps. Elle est immortelle de surcroit. Mais sans lui, elle est presque impuissante. Il est un bon, un merveilleux serviteur, ni esclave ni robot: serviteur. Il marche, trébuche, se relève et repart.
Au bout des pièges, des plaisirs et des chemins, il meurt. Il est poussière. Il le sait. Et cette mort lui est promise, il s'y prépare depuis qu'il a compris quel étrange, quel merveilleux attelage ils font, son âme et lui...
Elle lui abandonne la jouissance, les gestes, les mots, le bruit, tout ce qui la trahit un peu, tout ce qui la définit mal, tout ce qui est language pourtant et sans quoi on ne saurait rien d'elle, ou si peu. Elle le souhaiterait miroir. Il est masque. Mais du moins IL EST.
Pour elle, il bâtit des cathédrales, écrit des symphonies, plante des forêts, faits des enfants et engrange des moissons.
Quand il est jeune, ardent, un peu fou, il la renie quelque fois, se révolte souvent, mais il la sert, même au plus noir de ses refus. Elle le transforme, le déchire, l'écartèle. Elle met toute une vie à le dompter.
Il use toute sa vie à la retenir, à la déchiffrer, à essayer de la comprendre.
Il l'entrave, la ralentit, l'enferme, quelques fois.
S'il demande pourquoi? elle répond cherche...
S'il demande rien, elle lui dit: Réfléchis...
S'il tâche de l'oublier, elle crie: J'existe...
S'il arrête, elle lui dit: Avance...
S'il se décourage, elle crie: Continue...
C'est là son mot favori: Continue...
Continue à aimer, à te battre, à te faire mal, à me blesser, à te tromper de route, continue à douter de moi, à me trahir, à me perdre et à me retrouver, continue à être ce que tu es, réduit à tes erreurs et à tes désirs, mais continue parce que j'ai besoin de toi je t'aime.
Ils sont pareils à ces vieux couples qui se sont beaucoup disputés et qui découvrent, au soir de leur vie, toute la tendresse qui se cachait derrières les orages...
Quand il est usé, fourbu, quand il n'en peu plus de fatigue, de désillusions et de travail, elle le console et l'endort.
C'est l'instant qu'elle choisit pour lui donner enfin, comme autant de cadeaux, les réponses qu'elle lui avait refusées jusque là.
Il demandait:
Pourquoi les larmes, le doute la solitude, l'angoisse, la mort?
Elle répond:
Que serait la joie sans les larmes?
Que serait la foi sans le doute?
Que serait l'amour s'il ne fallait, à sa poursuite, traverser un peu de désert?
Que serait la source sans la soif?
Et que serait la vie sans la mort?
Bonne continuitée à chacun de vous...
Gerry
Mur de Commentaires (2 commentaires)
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Bonjour,
votre site "le sens du destin" ne fonctionne pas de chez moi : on ne peut trouver le serveur… Merci pour votre texte "CORPS et AME", c'est TRES BEAU ! Clarine
Avec plaisir Gerry !
Elisandre