Je ne sais pas vous.. mais moi... un jour,j'ai croisé un chien qui m'a renversé. J'ai eu la colonne vertébrale brisée alors que je menais un vie très active... Des mois pour réapprendre à marcher. J'ai peins et puis j'allais sur la plage et là, le derrière dans l'eau Il y a cela qui est venu vers moi...

Dans un mouvement silencieux le grain
du sable se forge comme un nouvelle
semence, un fruit minéral.
Les doigts dans l’allongement de
l’argile donne la forme.

Les coquillages enchâssés dans le
mélange dessinent leur nouvelle nature.
Vitalité première d’une naissance sans
dessein, dans un laisser-aller sans
volonté juste une interception des formes.

Peu à peu poser les mains dans la
minéralité dans ce dénouement sans
définition, ni condition.
Posées face à la mer, dressées dans leur
attente ou bien gisante dans une dernière
inclinaison, étendue en repos dans un
élan d’éternité.

Modalité des couleurs dans la lumière
qui s’ombre, tonalité jaspée sous le soleil
qui succombe.
La main intercède dans un rythme
doux et puissant, sans résistance à la
mécanique de l’usure auquel la peau
succombe dans ce frottement incessant,
brûlure de plaisir naissant dans la
morsure du sel qui baptise.

Et la main caresse la forme pour
accomplir l’équilibre.
Dans ce mélange à l’eau, chair
du substrat premier, elles naissent
engouffrées dans cette masse qui veut
l’instant d’après les dissiper toujours,
éphémères et perpétuelles.

Opulentes, alanguies mères offertes à la
mer, souveraines sexe fendu,coupé, souche
antérieure à l’initial posées comme un
évanouissement dans l’oubli de leur sens.

Dans ce face à face avec leur origine
elles expirent pour renaître encore .
Au commencement du rêve, théâtre
de la vie, femme sans tête au sexe
offert, cercle béant, ouverture sacrée de
l’anneau nuptial, genèse d’un ordre absolu
d’entretenir la génération.
Peuple aussi innombrable que les grains du sable.
La mer dans sont incessant mouvement
de pénétration ensemence les corps
érodant les flans dans une indicible
disparition.

Attente d’un innéxorable
ferment porté par la mer.
Dans leur sommeil de sable, elles
attendent l’espérance d’un nouvel éveil
qui dans l’effacement des fissures, dans
l’absolution des échancrures comme
autant de cicatrices, abolir l’offense
dans le dernier polissage qui les
restituent à la dune, sans concession.

Elles vivent en bordure, pleines et déliées
d’elles mêmes, dans cette marge, encadrement
de l’eau.
Dans ce dénuement, elles tanguent, leur yeux
chavirent au relent de la vague, communauté
silencieuse dans le partage que la lumière
impose.
Sans elles pas de moi.
Ètrangères au regard impudique qui ose les
affronter, insensibles à leur propre émoussement,
elles savent que l’ effleurement téméraire
d’une conscience aveugle condamne cet
attouchement à l’abolition tandis que seul le
geste désireux de la simple caresse s’accorde à
la pleine expression d’un amour sans limite.

voilà durant plusieurs années j'ai réalisée ce que j'appellai mes "pepettes de sable"
Le sable et la glaise m'ont re-construite, autant qu'elles prenaient forme sous mes doigts.
je vous les offre aujourd'hui...
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