NOUS LES PLANTES...


Une chronique de Daniel Meurois

J’ai la chance d’avoir un petit jardin d’agrément attenant à la maison où je vis. Alors, tous les ans, à chaque fois qu’arrivent les beaux jours, je prends plaisir à observer mon petit coin de nature.


J’admire son développement, la variété des espèces végétales qui en font le charme, je taille, je plante… sans doute comme beaucoup d’entre vous qui ont cette même chance.


Depuis plusieurs années cependant, je prends aussi plaisir à regarder d’un œil différent l’univers foisonnant et incroyablement diversifié des herbes, des plantes, des arbustes et des arbres.


Je dirais que j’en découvre avec délice toute la… psychologie à peine cachée.

Ce mot de ¨psychologie¨ peut évidemment prêter à sourire dans un tel contexte. Par définition, un végétal est réputé vivre dans un état… végétatif, n’est-ce pas ?


Et pourtant ! Avez- vous jamais remarqué de quelle manière certaines espèces ont un développement qui illustre étonnamment certains comportements humains ?


Il en est de simplement jolies et généreuses mais il en est aussi qui débordent en tous sens, qui s’agrippent à tout ce qui est à leur portée, qui étouffent les autres ou qui se nourrissent de leur substance. Celles-là parviennent parfois à nous en faire oublier d’autres qui sont juste là, sans problèmes, et auxquelles il ne faut pas nécessairement une terre riche pour qu’elles offrent le plus beau d’elles-mêmes.


Il en est également d’adaptables et disciplinées qui demeurent sagement là où on les a semées tandis que certaines autres, pas bien loin, ont constamment soif, n’ont jamais assez de soleil ou, au contraire, toujours trop.


Lumière, ombre, sécheresse, humidité… On ne sait plus trop, parfois, comment ¨gérer¨ ce petit monde, d’autant plus qu’avec un peu d’attention on s’aperçoit vite que telle espèce s’accommode mal du voisinage de telle autre. Oui… les incompatibilités existent aussi parmi les plantes !


Je dirais qu’il en est d’orgueilleuses, de solitaires, de timides, de généreuses, d’infatigables, de susceptibles, d’envahissantes et tout simplement de douces et jolies.


Chacun sait également qu’il s’en trouve de matinales, d’autres qui préfèrent suivre pas à pas la course du soleil, qui ne dégagent leur parfum qu’à la tombée du jour, qui se replient dès qu’on les touche puis d’autres encore qui ne fleurissent qu’en hiver. Enfin, il y a toutes celles qui se faufilent partout en rampant alors que d’autres ne peuvent vivre qu’en s’élançant vers le ciel.


Que dire encore ? Qu’il en existe qui savent nourrir le sol là où elles poussent et meurent, puis celles qui ne savent que l’acidifier à l’excès.


Alors, au milieu de tout cela, quand je me vois œuvrer parmi elles pour tenter d’y établir le plus bel équilibre possible afin que chacune y ait sa juste place en évitant de se faire étouffer ou d’étouffer les autres, je me prends souvent à penser à nos sociétés humaines si complexes, elles aussi, à harmoniser.


Et plus les années passent plus je constate à quel point la loi des analogies est bel et bien celle de l’univers. C’est un peu comme si la Nature elle-même avait généré de grands archétypes, éternels, selon lesquels tous les règnes s’ordonnent invariablement.


De tels archétypes me paraissent réellement s’exprimer dans l’ensemble des domaines de la vie, dans les formes et leur esthétique, dans les fonctions, les tempéraments puis les comportements.


Qui n’a jamais remarqué de quelle façon nous, les humains, à plus d’un égard savons inconsciemment ressembler à un animal ou à un autre ?


Ouvrons nos yeux… N’en existe-t-il pas, parmi nous, qui évoquent l’allure ou la façon d’être d’un lévrier, d’un bulldog, de quelque félin ou ruminant, d’un oiseau, d’une belette, d’une grenouille, d’un poisson ou encore même d’un insecte ?


Je vais vous faire une confidence… Moi-même, je me suis toujours vu en bearded- colley, vous savez, ces chiens de berger anglais barbus et aux longs poils qui ont un comportement de type ¨véhicule tout terrain¨…


Mais revenons à nos plantes et aux réflexions auxquelles celles-ci peuvent nous inviter car, vous vous en doutez, ce n’est pas tout-à-fait ¨pour rien¨ que je vous ai amenés dans leur direction.


En effet, je crois qu’il peut être intéressant de s’observer soi-même à travers attitudes et réactions tout en ayant à l’esprit les grands schémas archétypaux que le monde des plantes nous propose explicitement.


Pourquoi donc ne pas s’accorder quelques instants et se poser courageusement mais de façon amusée la question suivante :

« Si j’étais un végétal, que serais-je ? Un liseron ? Une pâquerette des prairies ? Une tulipe ? Un lilas ? À moins que ce ne soit un cactus… un pissenlit, un lierre ou un chèvrefeuille… Une rose ? Un peu facile… non ? »


Il y a mille et mille réponses possibles, bien sûr. Aucune herbe, aucune plante n’est mauvaise en elle-même car toutes sont issues de cette Force sacrée qu’on nomme la Vie… Il faut simplement qu’elle soit bien à sa place pour jouer pleinement son rôle.


Faites l’expérience de ce questionnement… La réponse, celle qui vous viendra, si elle est sincère peut devenir fort riche en enseignement… car mieux y voir clair à travers nos masques, mieux identifier nos faiblesses et nos forces, c’est se rapprocher de soi, là où nous attend davantage de paix.


L’intention d’un tel exercice n’est ni de s’accuser ni de se glorifier de quoi que ce soit. C’est en faisant l’effort de mieux se connaître que chacun peut espérer exprimer le meilleur de lui.


Se rapprocher d’une plus grande maîtrise de soi, c’est avancer vers toujours plus d’harmonie…

Une vérité qu’hélas on semble n’enseigner dans aucune école. Une vérité première par laquelle on pourrait faire que le monde – à commencer par celui qui est à la longueur de notre bras – soit un peu plus beau, un peu plus limpide… et qu’on y soit, nous aussi, à notre place.


Il paraît que nous en sommes tous les co-créateurs…


Alors, par les temps qui courent, ne croyez vous-vous pas que cela pourrait aider ?

C’est juste une idée, en passant… Une façon d’être moins végétatif à l’heure où tout bouge.

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