"L"envers du décor": adorer, aduler; l'autre visage de la "peur"

"Il n'est pas jaloux, je pense qu'il s'estime être inférieur. Vous utilisez le mauvais mot. Il pense que vous êtes une déesse et qu'il est sans valeur. Est-ce qui se passe ? (Elle opine du chef) Alors ce n'est pas de la jalousie !

Cela aussi est une façon de manipuler les gens, de les rendre très importants. C'est une sorte de stratégie, une prise de pouvoir très parasite.

Lorsque vous encenser quelqu'un, vous avez du pouvoir sur cette personne parce qu'il est maintenant en votre pouvoir de l'encenser ou de la discréditer.

Si quelqu'un, votre compagnon par exemple, vous porte aux nues, vous met sur un piédestal, vous pensez qu'il vous rend puissante. Mais il devient lui aussi puissant, parce que lui seul peut vous maintenir sur ce piédestal, personne d'autre. Et il le sait, il sait que vous devrez dépendre de lui, autrement vous ne serez plus sur le piédestal ; vous serez une femme ordinaire. Il a fait de vous une déesse ! C'est une stratégie très très subtile pour vous maintenir sous contrôle.

En étant dépendant de vous, il vous rend dépendante de lui et vous appréciez ce pouvoir, qu'il vous encense autant. Lorsque vous appréciez ce pouvoir, vous devez remplir certaines conditions. C'est un truc, c'est très vieux truc et il ne l'a pas inventé, c'est très ancien.

 L'homme a toujours mis la femme sur un piédestal pour qu'elle ne puisse pas en descendre. L'homme a soit adoré la femme, soit l'a condamné. Ou bien elle est un ver rampant sur la terre ou bien elle est une déesse, mais il ne la rend jamais égale à lui, c'est dangereux. Les deux sont bien ; ou elle est portée aux nues, intouchable ou elle est dénigrée, de nouveau intouchable, mais jamais elle n'est égale. Lorsque une femme est très dénigrée, elle peut être maltraitée, punie pour quoi que ce soit que l'homme ressent comme faux. Ou bien elle est une déesse, alors elle peut être jetée bas du piédestal, ce qui est aussi une sorte de punition.

Mais la femme doit être l'égale de l'homme, ni inférieure ni supérieure et à cela, l'homme n'est pas prêt, car faire de l'autre son égal veut dire que vous ne pouvez désormais pas le contrôler.

 Vous ne pouvez pas contrôler un égal. Inférieur et supérieur peuvent tous deux être contrôlés, mais la personne égale est libre ; l'égal est égal.

Aussi, descendez du piédestal. Dites-lui simplement que vous êtes un être humain, pas une déesse. En fait, que faites-vous ? Vous devez feindre d'être une déesse, donc vous coopérez avec lui. Ne coopérez pas ! Dites-lui simplement : "Je suis une femme ordinaire tout comme tu es un homme ordinaire, je ne veux pas être adorée comme une déesse. J'ai toutes les sortes de désirs comme n'importe quelle femme en a, je suis tout bonnement ordinaire". Descendez du piédestal plutôt que ce soit lui qui vous en éjecte, descendez-en simplement. Vous vous sentirez bien et vous le déchargerez également.

S'il ne peut pas vous aimer, alors il trouvera une autre femme qu'il pourra mettre sur un piédestal et adorer. Il est peut être dans le besoin d'une mère et non dans le besoin d'une bien-aimée ; c'est alors son affaire.

Mais vous, descendez du piédestal, ne permettez jamais à personne de vous encenser, autrement cette personne vous manipulera.

Elle dira : "Je vous ai tellement encensée, maintenant vous devez me suivre". Ne faites pas cela, cela ne vous convient pas, ne le faites pas. C'est au-dessous de vous, gardez votre statut.

Ainsi vous appréciez ce statut mais ensuite vous vous sentez pétrifiée. Vous voudriez être un être humain vivant. En fait vous essayez de faire deux choses contradictoires. Si vous voulez être une femme, totalement femme, une femme réelle, alors descendez du piédestal. Tous les piédestaux sont une sorte de maladie que j'appelle la piédestalite.

Descendez et dites-lui que vous n'allez pas devenir une déesse. Soyez naturelle et vraie et quoi qu'il arrive, cela doit être accepté. S'il vous quitte, c'est son affaire, s'il reste avec vous, vous serez plus libre, il sera plus libre et cela l'aidera également parce qu'il est aussi dans l'erreur. Il ne sera jamais heureux. D'abord vous mettez une femme sur un piédestal et ensuite vous ne pouvez pas lui faire l'amour. Comment pouvez-vous faire l'amour avec une déesse ? Cela paraît laid. Vous ne pouvez pas faire l'amour avec votre mère et vous l'avez élevée au rang de mère, une mère supérieure aussi, vous ne pouvez pas lui faire l'amour ou, quand bien même vous le faites, vous ressentez de la culpabilité. Il ne sera pas heureux, parce qu'il souffrira continuellement de l'infériorité, il vous a rendue supérieure.

Dites-lui : "Je suis simplement une femme ordinaire. Je ne veux pas d'autre respect".

C'est le plus grand respect que nous pouvons nous donner mutuellement en tant qu'êtres humains ! Cela aidera."

 Osho, Extrait de: Don´t Just Do Something, Sit There

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Commentaire de christophe-claude le 22 Mars 2012 à 8:26

Bonjour, la relation n'est pas des plus simples c'est vrai
Car bien communiquer avec soi détermine l'alliance que nous avons
avec le monde et les autres .
Et chacun auras à apprendre et c'est ici qu'il est intéressant de
voir si nous sommes à la hauteur de notre image et de nos erreurs .
Le vaut d'or ego-tique ( l'illusion vaine et captive en soi) friand d'un narcissisme flatteur
vole le présent dont se nourrit l'être ( l'essentiel de vie en nous ), mais je ne vous cache pas que le temps révèle nos ignorances et mensonges et sans acceptation de nos propres fautes, le feu consume,
chrys .

Commentaire de Lovyves le 21 Mars 2012 à 13:06

Bonjour à Tou(te)s
Tout à fait Cher Nirvan.
Un tas de pierre au fond du jardin est toujours du plus bel effet !
C'est le pied !
Quant à la chair, faute de l'adorer, je me contente de l'honorer.

Commentaire de Lovyves le 20 Mars 2012 à 21:20

Bonsoir à Tou(te)s
Pour moi Laëtitia est une femme extraordinaire.
Et j'aime l'extraordinaire.
Et nous sommes tou(te)s différent(e)s, donc extraordinaires pour moi.
Adorer quelqu'un c'est lui enlever sa différence, pour y mettre à la place tout ce que je sublime, faute de pouvoir aimer, et de vouloir acquérir telle ou telle qualité.
Si dans la Bible, il est dit : "Dieu seul tu adoreras" , ceci n'est, sans doute, pas à prendre qu'au premier degré (peut être même que ce premier degré n'a plus cours aujourd'hui), Adorer un humain c'est lui enlever son humanité .. pour en faire un veau d'or (ou une génisse), c'est plus qu'humiliant, c'est infamant pour le personne "adorée", et une grossièreté pour 'l'adorateur" !
Mais, ceci a toujours une certaine cote !
La flatterie, est plus douce à entendre que l'amour qui ne donne que ce qu'il peut donner.

Commentaire de Laëtitia Ludivine le 18 Mars 2012 à 22:15

Monikaren,

ces mots ci-dessus d'Osho m'accompagnent lors de situations où je sens ce rapport s'installait inconsciemment ou consciemment entre 2 personnes. C'est une sorte de "garde-fou" conscience pour mes interactions et celles (amoureuses, amicales, hiérarchiques/entre collègues etc...) qui font partie de mon environnement.

Oui la peur, la peur de manquer est l'une des plus "grandes" manifestations de l'ego.

Belle soirée Monikaren :).

Je trouve aussi ces mots tout simplement magnifiques et simples ;):

"Je suis une femme ordinaire tout comme tu es un homme ordinaire, je ne veux pas être adorée comme une déesse. J'ai toutes les sortes de désirs comme n'importe quelle femme en a, je suis tout bonnement ordinaire. Je ne veux pas d'autre respect".

 

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