Il fut un temps où la violence n'existait pas

Il fut un temps où la violence n’existait pas. Ce n’est pas un rêve, une fable, de la spéculation philosophique. De plus en plus, c’est le scénario qu’ébauchent les sciences, au confluent de l’archéologie, de l’anthropologie, de la biologie de l’évolution, des disciplines qui étudient le cerveau et la psyché. A l’image d’une nature humaine pétrie de violence et de compétition, le savoir contemporain en substitue une autre, faite d’empathie et de coopération. Les connaissances sur la nature humaine rendent ainsi possible d’imaginer un monde sans massacres, sans guerres, sans brutalité: rien de ceci ne serait en effet inévitable, eu égard à ce que nous sommes…  (...)
La mort violente infligée par un humain à un autre apparaît plus tard que l’humanité elle-même et reste longtemps un phénomène très limité. C’est ce qu’indiquent les traces archéologiques. Préhistorienne, directrice de recherche au CNRS, Marylène Patou-Mathis a consacré un livre au sujet en 2013, Préhistoire de la violence et de la guerre (Editions Odile Jacob). «Je suis partie d’un agacement qui venait du fait d’entendre toujours la même chose – nous sommes violents, c’est la nature humaine, ça a toujours existé –, alors que ces affirmations ne se basent sur rien. En tant que scientifique, je me suis dit: interrogeons les données.» (...)
Comment l’humanité paisible des débuts devient-elle brutale? «Dès que les groupes se sédentarisent, la démographie augmente. Cela entraîne un changement économique, la domestication des plantes et des animaux. Du stockage apparaît, des biens. C’est là que, dans les peintures rupestres, on voit surgir des personnages plus grands que les autres: des élites. Je ne veux pas me la jouer Rousseau, mais les faits sont là.» Y a-t-il des peuples sédentaires sans violence? «Des sociétés dites horticultrices de petite taille La question du nombre est essentielle.» (..)
A la suite d’Olivier Maurel (lire ci-dessous), Cornelia Gauthier considère que la violence éducative apparaît dans l’histoire de l’humanité dans le sillage de la sédentarisation. «Le nombre de naissances augmentant par rapport aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, les enfants plus âgés ont dû être sevrés pour que les plus jeunes puissent être allaités. Cela a dû créer de l’agressivité chez les aînés, qui ont commencé à taper sur leurs cadets. La mère, que les hormones liées à l’allaitement rendent hyperagressive si l’on touche à son bébé, a dû commencer alors à taper sur son aîné… C’est une hypothèse plausible pour expliquer l’apparition du cycle de la violence dans le cercle familier.»

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ac36cbf2-a325-11e4-b189-26eecf90f1b...

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