"Parce qu'on naît pas femme, on le devient

"Parce qu'on naît pas femme, on le devient

Par le sang de mes lunes, celui de l'enfantement
Par les vies que j'ai portées, les traces qu'elles m'ont laissé
Par celles que j'ai perdues, celles que j'ai mises au monde
Par les nuits trop blanches et par les heures trop sombres
Par les larmes de rage et les cris ravalés
quand la lune voilée laissait le ciel vacant
et vides d'envie et mon âme et mon ventre
Par les regards baissés esquivant les miroirs
Par les désirs tus et par les plaisirs feints
coincés dans les carcans des saintes ou des putains
Par toutes les lâchetés, par la peur des bûchers
Par le temps qui s'écoule à compter les barreaux

Par les choix douloureux, les erreurs, les errances et par les renaissances
Par le courage qu'il faut pour s'affranchir des chaînes
Par le feu circonscrit dans un cercle de pierres
qui sur l'aile du vent embrase soudain la plaine
Par le torrent des larmes qui force les barrages
Par la brûlure du sel qui cicatrise les plaies
Par ce grondement sourd qui enfle lentement
Par l'orage éclatant enfin et déchirant la nuit
Et par l'écho des voix qui répondent à l'appel
plus proches qu'on le croyait ou bien du fond des âges
Par les crocs dénudés décidés à reprendre
l'héritage sacré qu'on nous a dérobé

Par le sang de mes lunes, celui de l'enfantement
Par la terre, par le feu, par l'eau des larmes versées
Par le vent des tempêtes comme par la brise légère
Par ce sexe qu'on dit faible pour en nier les mystères
Par la douleur-compagne et par la vie qui bât
Par celles qui précèdent, celles qui viendront après
Je suis et je deviens ce que je suis
Mère et amante et guerrière
Sorcière, guérisseuse ou prêtresse
Je suis Diane, je suis Lillith
Je suis le mythe et l'évidence
Je suis le sens, je suis l'essence

Et je marche sans crainte dans les ruelles sombres
Et je hurle à la Lune sans pudeur et sans honte
Et si je t'aime entière, pour autant je ne serai pas tienne
N'en doute pas, je suis reine et te choisis pour roi
Pour cette fois, encore une autre fois
Avec toi je peux partager mais seulement si je veux
les ondes pourpre du plaisir qui me vrille les reins
et du ventre de la terre jusqu'au plus haut des cieux
ouvre une voie qu'on ne parcourt qu'à deux
Je te l'offre si tu veux mais ne te le dois pas
Contre toi sur ces flots je suis mon seul vaisseau
Me suivras-tu si loin de tes propres rivages?

Par le sang de mes lunes, celui de l'enfantement
Aussi vieille que le monde, je saigne et j'enseigne
Changeante comme la Lune, je donne, je prends. J'apprends
Silencieuse je veille, frissonnante je m'éveille
J'ai la force des grands chênes, la puissance de la Terre
Je danse dans le grand cercle au rythme des saisons
Et je fais l'amour comme on se venge, ou comme on donne la vie
Je suis libre et sauvage, à la fois louve et flamme
Guidée par un instinct qui ne raisonne pas
J'ai la folie des sages qui ne suivent que leurs pas
La confiance insouciante d'un enfant en demain
Je suis Femme et chez moi... je reviens!"

Slam'Ophrénie

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