À l’heure où l’école de la République peine à remplir sa mission, les structures indépendantes séduisent de plus en plus de parents… Quitte à y mettre le prix. Enquête sur une alternative au système classique plutôt réservée aux familles aisées.
Rythme scolaire et système de notes inadaptés, baisse de niveau, problèmes de discipline, formations insuffisantes, concurrence anxiogène, créativité ignorée… L’école de la République ne fait plus rêver. Parmi les choix possibles : faire la classe à la maison ou inscrire Junior dans un établissement alternatif. Une option retenue par Ana : « J’ai envoyé mes enfants dans une école Montessori car les enseignements ne sont pas liés à la contrainte. Ils apprennent en s’amusant. Il règne en outre une vraie ouverture d’esprit et les enseignants développent l’esprit critique de leurs élèves », témoigne cette architecte, elle-même passée par les bancs de l’école Freinet au Chili, qui applique aussi une méthode basée sur l'expression libre. Montessori, Freinet, Steiner, Decroly… L’Hexagone compte 352 écoles et 1457 collèges engagés dans des démarches d'innovation ou d'expérimentation (1) et accompagnés par le ministère de l’Éducation nationale.
À écouter Jean-François Michel, seule une minorité de parents (40 % environ) inscriraient pourtant leur rejeton dans ces établissements par conviction. « La plupart du temps, ils se tournent vers eux quand leur enfant est en échec scolaire. Dans leur esprit, c’est : "tout sauf un BEP ou un CAP" », illustre ce formateur d’enseignants et auteur du best-seller, Les 7 profils d’apprentissage (Éd. Eyrolles). C’est en effet pour éviter qu’il ne décroche que les parents de Benoît l’ont envoyé chez Acadis, un établissement privé hors contrat. Du jour au lendemain, la vie de l’adolescent change : il quitte une classe surchargée pour une classe à effectif réduit, est accompagné par un parrain avec lequel il passe du temps en entreprise, effectue deux voyages annuels dans un campus étranger, participe à des séminaires, multiplie les stages… « Je n’ai pas eu mon bac cette année-là car mon environnement extrascolaire était particulièrement difficile mais Acadis m’a aidé à me construire et oser aller vers le métier dont je rêvais », raconte aujourd'hui ce comédien décomplexé.
Ces écoles alternatives boosteraient-elles la créativité au détriment des résultats scolaires ? « Les chercheurs se sont peu penchés sur cette question pour des raisons méthodologiques mais les rares études menées chez Freinet ont montré que ces élèves réussissaient au moins aussi bien que les autres sur le long terme, si ce n’est un peu mieux », répond Marie-Laure Viaud, maître de conférences en sciences de l’éducation (université d’Artois) et auteure de plusieurs ouvrages sur les pédagogies alternatives. Ce n’est pas Élodie qui la contredira. « À la fin de la primaire, je maniais aussi bien le plus-que-parfait que le présent. Mes bases étaient tellement bonnes qu’au lycée, j’ai tout de suite pigé la grammaire russe », témoigne ce « pur produit » d’Hattemer, un établissement parisien d'enseignement privé et laïc, hors contrat.
Source : Madame Le Figaro via bilan national du réseau de l'innovation, sept. 2013, ministère de l'Éducation nationale. Le nombre de lycées ne nous a pas été communiqué.
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