B - Les rejets des effluents liquides chimiques sont eux aussi très nombreux, en effet, déjà pour pouvoir être utilisée dans les divers circuits primaires, secondaires et tertiaires de la centrale nucléaire, l’eau prélevée destinée notamment au refroidissement du réacteur doit subir différents traitements chimiques (déminéralisation, chloration, anti-tartre, anti-corrosion, …). Ces traitements donnent lieu à des rejets d’effluents tel que sodium, chlorures, sulfates, ... Même dans le cas d’une augmentation minime des teneurs il en résulte une influence sur la qualité de l’eau, la faune et la flore aquatique, ceci malgré les mesures de contrôles permanentes du respect des limites issues des normes et les études régulières réalisées sur l’écosystème aquatique en aval des rejets (niveau de radioactivité, température, pH, conductivité, teneur en oxygène dissous, etc ...). De plus l’important volume d’eau utilisée provoque une pollution due à l’usure anormale des matériaux de chaudronnerie tels que l’acier, le zinc, le cuivre, le chrome, les composants d’inox.
Liste non exhaustive des rejets de produits chimiques d’une centrale Nucléaire (source EDF) : Les rejets chimiques sont composés par les produits utilisés pour conditionner l’eau des circuits, selon des paramètres physiques et chimiques requis pour obtenir un bon fonctionnement des installations.
L’acide borique est utilisé pour sa propriété d’absorbeur de neutrons grâce au bore qu’il contient. Cette propriété du bore permet de contrôler le taux de fission du combustible nucléaire et, par conséquent, la réactivité du coeur du réacteur.
La lithine (ou oxyde de lithium) utilisée pour maintenir le pH (acidité) de l’eau du circuit primaire au niveau voulu et limiter la corrosion des métaux.
L’hydrazine utilisée pour éliminer la majeure partie de l’oxygène dissous dans l’eau du circuit primaire et garantir l’intégrité des matériels contre la corrosion. L’hydrazine est également utilisée pour la mise en condition chimique de l’eau du circuit secondaire. Ce produit est employé simultanément à d’autres permettant de maintenir au niveau voulu le pH de l’eau secondaire.
La morpholine ou l’ethalonamine qui permettent de protéger les matériels contre la corrosion. En revanche, pour le conditionnement physique et chimique des circuits en contact avec l’air, on utilise plutôt les phosphates, toujours pour maintenir au niveau voulu le pH de l’eau et limiter les phénomènes de corrosion. Ces divers conditionnements génèrent, directement ou indirectement, la formation d’azote, d’hydrogène et d’ammoniaque, que l’on retrouve dans les rejets sous formes :
D’ions ammonium,
De nitrates,
De nitrites. En ce qui concerne les effluents issus de la partie conventionnelle de l’installation, leurs conditionnements physiques et chimiques nécessitent de réaliser des opérations de déminéralisation et de chloration, par conséquent des rejets :
De sodium,
De chlorures,
D’ AOX (acronyme "Adsorbable Organic Halogen") ou composés « organohalogénés » utilisés pour les traitements de lutte contre les microorganismes (traitements appelés biocides) des circuits. Les organohalogènes forment un groupe constitué de substances organiques (c’est-à-dire contenant du carbone) et qui comprend plusieurs atomes halogènes (chlore, fluor, brome ou iode). Ceux qui contiennent du chlore sont appelés « composés organochlorés ».
De THM ou trihalométhanes, auxquels appartient le chloroforme. Ils sont utilisés pour les traitements biocides des circuits ainsi que pour les traitements de chloration. Les trihalométhanes sont un groupe
important et prédominant de sous-produits chlorés de désinfection de l'eau potable. Ils peuvent résulter de la réaction entre les matières organiques naturelles présentes dans l'eau et le chlore rajouté comme désinfectant. De sulfates,
De phosphates,
De détergents
De plus EDF a obtenu l’autorisation de "chlorations massives" pour certaines (±5) de ses centrales nucléaires. Cette chloration a pour but de limiter la prolifération d'amibes du fait des rejets d'eau chaude qui peuvent mettre en grave danger les populations (baignades, eau potable). Or la chloration massive est aussi très néfaste pour l'environnement et la santé.
C - Les rejets dits thermiques
L’eau prélevée pour assurer le refroidissement et le fonctionnement des circuits subit un échauffement, lors de son rejet soit directement ou par l’intermédiaire des tours aéroréfrigérantes, la limite d’échauffement ne doit pas dépasser 1°C à 5,5°C suivant soit l’Arrêté Ministériel du 7 novembre 2003 ou Arrêtés Préfectoraux, néanmoins en fonction d’événements ponctuels des dérogations sont possibles jusqu’à 7,5 °.
Ceux qui en charge de responsabilités font perdurer les mythes du nucléaire sûr et propre sont des personnes irresponsables hautement dangereuses pour le devenir de l’humanité.
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