Dans notre culture on présente la souffrance comme inévitable, et dans l'enseignement chrétien on insiste particulièrement sur la souffrance du Christ sur la croix, alors que le bouddhisme au contraire, se présente plutôt comme une alternative à la souffrance dont les êtres humains sont victimes.

D'où ma question : est-il possible de trouver dans cette vie une alternative à la souffrance ?

 

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Réponses à cette discussion

Merci Suzanne pour ces bons tuyaus...

Je reviens sur la douleur et la souffrance.

La douleur est une réaction physique, elle ne dépend donc pas de notre pensée consciente. Seul notre système nerveux reptilien (le système reflexe) peut décider de l'annuler. Concrètement la douleur est matérialisée par un courant électrique qui remonte par la colonne vertébrale, et le cervelet envoie un courant électrique contraire pour l'annuler. Mais ce n'est pas une réaction consciente.

La souffrance pourrait être définie comme une réaction mentale face à la douleur. Il semble que selon notre interprétation de la douleur et de sa cause, nous souffrons plus ou moins. Si par exemple nous avons l'impression que nos tissus sont en train de se reconstituer, nous acceptons beaucoup mieux la douleur que si nous pensons qu'elle est due à une détérioration irréversible de notre santé.

Il y a aussi des souffrances psychologiques, qui ne sont pas la conséquence d'une douleur physique, mais qui sont déclenchées par notre interprétation des conditions de vie dans lesquelles nous nous trouvons.

Dans tous les cas, il semble que l'acceptation des conditions qui nous sont faites, minimise la souffrance.

Dans notre civilisation, on a tendance à penser qu'on ne devrait pas souffrir. On cherche à ne pas souffrir mais on n'y arrive pas vraiment, puisque 10% des français prennent des anti-dépresseurs. Notre médecine réussit mieux qu'autrefois à nous protéger de la douleur, mais elle ne parvient pas encore à nous protéger de la souffrance, car la souffrance dépend aussi de nous, de notre interprétation de phénomènes, et donc de nos croyances.

Dans d'autres civilisations, dites primitives, on ne cherchait pas tant à éviter la douleur, mais plutôt à éviter la souffrance. Considérant que la douleur était une péripétie de la vie, on cherchait plutôt à apprendre aux jeunes de la tribu à y faire face sans trop se crisper, de manière à éviter la souffrance. Même dans le hatha yoga, les exercices visent à atteindre certaines limites et à les dépasser. On se trouve là face à la douleur du corps qui manque de souplesse, et on cherche à s'y habituer, à dépasser cela. On sait que par l'exercice, on ne souffrira plus, même si au début ça tire un peu.

D'autres exercies pratiqués par des peuples plus rudes, visent à dépasser la souffrance par l'entrainement, sans chercher à effacer la douleur. En conclusion il se pourrait bien que notre civilisation, soit la seule à faire l'amalgame entre douleur et souffrance, alors que ce sont deux notions distinctes.

Cher Régis,

vous avez peut-être une explication à nous donner sur cette actualité :

Chères amies, chers amis d’Avaaz,



C'est horrible! Aux Maldives, une jeune fille violée a été condamnée à 100 coups de fouet. Mais en pesant sur la manne touristique, nous pouvons la protéger et faire cesser ces flagellations publiques. Vite. Levons 1 millions de voix, puis saturons les magazines et sites de voyages de publicités: 

Signez la pétition

C’est difficile à croire: aux Maldives, une adolescente de 15 ans victime de viols répétés vient d'être condamnée à 100 coups de fouets en public. Arrêtons cette folie en appuyant là où ça fait mal pour le gouvernement des Maldives: les recettes touristique.

Le beau-père de la jeune fille est accusé de l'avoir violée pendant des années et d'avoir tué le bébé qu'elle portait. Aujourd’hui, les tribunaux disent qu’elle doit être fouettée pour «relations sexuelles hors mariage»! La pression internationale peut obliger le président Mohammed Waheed à sauver cette jeune fille ainsi qu'à abroger cette loi atroce. C'est aussi comme ça que nous mettrons un terme à cette guerre mondiale contre les femmes -- en nous levant contre toutes les exactions de ce type!

Le tourisme est la poule aux œufs d’or des élites des Maldives dont font partie les ministres. Rassemblons 1 million de signatures cette semaine et menaçons le président Waheed de ternir la réputation de ses îles via des publicités-choc sur Internet et dans les magazines de voyage jusqu’à ce qu’il innocente la jeune fille et abolisse cette loi inhumaine. Signez et envoyez cet e-mail à vos amis pour atteindre un million de signatures: 

https://secure.avaaz.org/fr/maldives_fr/?bVqKCdb&v=23231

si oui, merci beaucoup !

Clarine

Oui Suzanne, merci pour ce témoignage.

Et ça me rappelle que quand j'étais petit, on m'avait dit que pour lutter contre le froid, il fallait mettre des petits cailloux dans ses chaussures. De cette manière on pouvait oublier le froid...

Mine de rien, ce n'est pas si bête.  Non pas parce que ça marche, mais parce que ça montre que l'inconscient fait un tri parmi les alertes qu'il envoie vers le conscient. Je précise : si l'on considère que la douleur est une alerte, envoyée à notre conscient par les automatismes du corps, alors on remarquera que certaines alertes ne nous parviennent jamais.

C'est un ami qui me l'a fait remarquer, nous étions au bord de la rivière, et nous n'arrivions que difficilement à entrer dans l'eau pour aller nager, car la rivière était très froide. Mais quand on faisait du kayak, il arrivait qu'on tombe à l'eau et dans ce cas on ne ressentait pas le froid. Pas du tout. En fait, on avait tellement peur de se casser quelque chose sur les rochers, qu'on ne pensait plus du tout au froid. Il probable que notre inconscient annule la douleur du froid, afin que nous puissions consacrer plus d'attention sur le danger le plus important.

On a vu aussi des malades en phase terminale, qui ne ressentaient aucune douleur. Peut-être que l'inconscient juge alors que c'est trop tard pour réagir, et cesse d'envoyer l'alerte. Je n'ai pas d'explication définitive sur ce phénomène, mais je pense que nous l'avons tous observé au moins une fois au cours de notre vie.

Si  à l'âge adulte, on y arrive moins facilement que quand on était enfant, ce n'est peut-être pas à cause de la carcasse usée, comme tu le dis, mais à cause de notre façon de penser, qui a pu évoluer entre temps. Par exemple la mémoire a accumulé plus de choses, et peut-être que ça nous rend moins maléables.

Peut-être que, sans nous en rendre compte, nous avons accumulé des conclusions inconscientes, des interprétations de la réalité qui nous limitent. L'enfant est plus innocent, il a moins de jugements sur ce qui devrait être ou ne pas être. Quand on est adulte, et surtout en prenant de l'âge, on a des idées plus arrêtées, et peut-être que ça nous aide moins à accepter l'inacceptable.

A partir du moment où à tort ou à raison, on pense qu'une douleur ne devrait pas être, on souffre davantage. Je me réfère là à la pensée de Katie Byron, elle a une drôle de manière de voir les choses, mais peut-être finalement qu'elle a raison.

Tu peux voir une de ces vidéos :

http://epanews.fr/video/je-veux-que-mon-cancer-cesse-de-se-de-velopper

Merci pour cette information. J'espère qu'un maximum de gens signeront la pétition.

Je n'ai pas d'autre explication à donner, c'est la folie humaine. Quand ils se mettent à plusieurs pour partager leur folie, les êtres humains peuvent devenir très dangereux. Hier c'était le nazisme, aujourd'hui c'est l'intégrisme, l'histoire, est un éternel recommencement.

merci Régis, c'est mon espérance également, voilà pourquoi j'ai bondi à propager cette pétition urgente.

Je trouve cela incroyable qu'il puisse y avoir encore en 2013 autant de souffrance sourde et injuste !

Dans ce monde pourri d'orgueil, je souffre devant l'indifférence des nantis…

Oui, moi, c'est l'indifférence qui me fait mal !

L'indifférence est de la lâcheté…

Clarine

L'indifférence, c'est une forme d'inconscience. Nous ne sommes pas toujours conscients de la souffrance de l'autre.

Parfois aussi, on s'isole volontairement de la souffrance de l'autre, parce qu'on a l'impression qu'on ne serait pas capable d'endurer ne serait-ce que le centième de cette souffrance.

J'ai déjà vu des gens que tout le monde trouve égoïstes, et qui en fait sont simplement des hypersensibles. Ils s'isolent de la souffrance de l'autre parce qu'elle leur fait trop mal. Je sais, c'est paradoxal, mais c'est comme ça. Les arbres ne sont pas tous pareils, il y a toutes les formes possibles dans la nature, et c'est peut-être vrai pour les hommes aussi.

C'est vrai que tant qu'on a l'air de déprimer, les autres ne chargent pas trop la mule, ils se disent "n'en rajoutons pas". Cette situation est finalement assez confortable. Difficile de ne pas y prendre gout...

On peut trouver dans une même personne plusieurs tendances, par exemple une qui veut sortir de la souffrance, et une autre qui ne veut pas s'en sortir. On a déjà vu des fumeurs qui viennent consulter un spécialiste dans l'espoir d'arrêter définitivement, mais qui en même temps, sont terrorisés à l'idée que ça pourrait marcher...

Bonjour Suzanne,

Je reviens sur ta phrase "Apprendre à vivre sans être parasité par des pensées négatives, pas évident".

Barrer la route aux pensées négatives, on a tous essayé de le faire. Le succès de cette entreprise n'est pas garanti, comme tu le dis au bout de ta phrase : "pas évident"...

Il faut donc acceuillir aussi les pensées négatives. En fait c'est notre mental qui les juge négatives, il serait plus juste de dire qu'elles sont comme de jeunes enfants ayant de bonnes intentions, mais des comportements incorrects. Toute pensée, même négative, a une intention positive pour nous, et on peut la découvrir si on laisse cette pensée s'exprimer... La laisser s'exprimer, ne veut pas dire qu'on va lui donner raison. C'est juste qu'on va l'écouter, ni pour lui donner raison, ni pour lui donner tort, cette forme d'écoute fait donc partie de ce qu'on appelle "la non dualité".

Voici un exemple video :

http://www.youtube.com/watch?v=lCFUWHVz1fI&feature=share&li...

Bonne écoute,

Régis

 

Bonjour, pour ma part, depuis que je connais le livre d'ECKHART TOLLE, ma vie à vraiment changé, je le recommande.

 

Bonne journée à tous

 

En effet, Eckhart Tolle donne des informations très claires sur ce sujet, et dans le même esprit je vous recommande aussi le livre de Katie Byron "Aimer ce qui est".

Katie Byron a eu une expérience similaire à celle d'Eckhart Tolle, et son livre va dans le même sens mais en plus concret. Il est d'ailleurs préfacé par Eckhart Tolle.

Et que cela ne vous empêche pas de lire aussi mes livres, en particulier "Que faire de nos émotions ?", que vous trouverez sur Amazon...

 

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