Il y a quelques années, je suis restée sans activité professionnelle pendant une longue période. Depuis l’âge de 20 ans, j’avais toujours travaillé dans la production et l’organisation de spectacles mais à l’aube de la quarantaine, j’ai commencé à ressentir un désintérêt pour mon métier et tout l’environnement qui allait avec. C'était très perturbant car j'avais toujours considéré jusqu'alors ce métier comme ma vocation et j'avais l'impression de ne rien savoir faire d'autre. Cela m'angoissait beaucoup et m'a fait stagné un certain temps dans l'indécision jusqu'à ce que, une fois de plus dans ma vie, l'insupportable me contraigne à agir et à quitter mon activité du jour au lendemain.
S’en est suivie une période particulièrement déstabilisante… Mon histoire d’amour avec le spectacle s’éteignait définitivement mais rien de nouveau ne se rallumait à l’horizon. C'était le néant. Je venais d’avoir 40 ans et je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard !
Alors en attendant de trouver ma voie, je me suis consacrée pleinement à deux activités très solitaires : la natation et l’exploration des profondeurs…de ma psyché.
Je me rends compte maintenant que je n'aurais pas pu pratiquer l'une sans l'autre, et à quel point elles sont complémentaires à mes yeux. Je nageais 2 à 3h par jour, 6 jours sur 7, et je me consacrais le reste du temps à la lecture, au silence, à de longues heures de recherches, de questionnements intérieurs et de réflexions analogiques.
Sans la persévérance, l'endurance, le goût de l'effort et du dépassement de soi que j'ai appris à développer au fil de mes longueurs dans l'eau chlorée, l'exploration autodidacte de mes méandres intérieurs aurait eu tôt fait de rester en surface ou de tomber à l'eau dès les premières tempêtes ! Naviguer en solitaire exige une ténacité et une vigilance rigoureuse, les récifs sont très nombreux à l'intérieur de soi. Heureusement, il y a quelques phares aussi.
Ce rythme a été mon quotidien pendant près de deux ans. Le temps nécessaire pour mettre le doigt sur les racines de mes peurs les plus aigües et d'élucider quelques unes de mes énigmes intérieures.Tout cela a bien sûr engendré de nombreux changements. Certains douloureux car aucune transformation profonde ne peut se faire sans perte ni deuil, mais d'autres très heureux aussi dont celui de rencontrer enfin un domaine professionnel qui faisait du sens et entrait en écho-résonance avec mon cheminement personnel.


Aujourd'hui je continue plus que jamais l'exploration de mon inconscient, je nage toujours aussi longtemps mais moins souvent car voilà désormais 4 ans que je travaille à l'INREES et que c'est chaque jour (ou presque !) une joie d'avoir une activité où je me sens à ma place et qui a du sens. Organiser des évènements et y inviter des intervenants dont le travail ou les ouvrages m'ont éclairée, est vraiment au coeur de ce qui fait sens désormais pour moi : le partage et la transmission.



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